Dominique Degueldre


Le titre de la série
"Je ne suis pas une potiche"
ne renvoie pas à une affirmation autobiographique.
Le "je" qui s'y exprime n'est pas un
sujet individuel,
mais une voix de refus partagé, un "je" générique, collectif, dans lequel chacun peut se projeter.
Il agit comme une négation active :
une prise de position plus qu'une confession.


Je travaille à partir d'une forme unique : la potiche.
Objet décoratif, domestique, assigné au silence, elle constitue depuis 2018 la matrice de l'ensemble de ma recherche.
Avec la série "Je ne suis pas une potiche", je détourne cet objet de sa fonction initiale pour en faire un outil de représentation du vivant. La potiche devient corps, visage, présence. Elle cesse de contenir pour commencer à signifier.
Chaque oeuvre est un portrait. Une fiction condensée. Une tension humaniste inscrite dans la matière. Les matériaux, bronze, or, poudre à lessiver, pavé de rue, textile, objet trouvés, ne relèvent pas de l'ornement mais du langage : ils introduisent une charge narrative, sociale et symbolique propre à chaque pièce.
Par répétition, variation et déplacement, la potiche devient système.
Ce système se prolonge dans le dessin : des foules émergent, composées de figures dont chaque visage reprend cette même forme, faisant circuler la potiche du portrait individuel vers une représentation du collectif.
Par destruction géométrique de cette matrice naît la J.N.S.P.U.P. : une forme florale issue de la répétition de quatre potiches, comme la mutation organique d'un objet initialement figé.
Mon travaille interroge la manière dont un objet assigné au décor peut devenir sujet, corps politique, figure sociale, organisme vibvant.
Je ne représente pas la potiche.
Je la retourne contre sa fonction.
Dans le langage courant, la potiche désigne une personne sans pouvoir.
C'est précisément cette définition que je refuse.
















Laura, chaque jour, #jenesuispasunepotiche

“Très peu d'hommes et de femmes existent par eux-mêmes, ont le courage de dire oui ou non par eux-mêmes." Marguerite Yourcenar

Jean - Guillaume, chaque jour, #jenesuispasunepotiche

Laura, chaque jour, #jenesuispasunepotiche
…”Que renferment donc ces fameuses potiches ?
A vous d’y placer vos propres intuitions, mais on peut déjà sans risque y reconnaître la patte de l’ironie, le vent de la colère, les brumes de la nostalgie, l’exubérante jubilation de la fantaisie, cette forme si pure de liberté. Et puis la suprême élégance qu’a le talent quand il ne se la pète pas, et préfère aux discours prétentieux, trop savamment construits pour être honnêtes, l’authentique spontanéité du geste artistique.
Ce que renferment ces potiches, on appelle ça l’identité, l’intimité, “… Christophe Sancy
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Merci à Romy Tembuyser, photographe talentueux et ami depuis des années
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